La douceur du violoncelle murmure l’Ave Maria dans la tiédeur de l’air. Il y a encore quelques flocons égarés qui tombent sous le ciel déjà rose de la fin de l’après-midi. Étendue sur le divan, les couches qui s’étaient fabriquées dans la journée pour faire face à la froideur du monde tombent les unes après les autres. Le coeur redevient vibrant, moelleux et nu. Peut-être une bouffée de tristesse ou de fatigue. Elle est accueillie, et offerte.
Lorsque l’espace redevient ouvert, le doux chant du Divin se lève. Il nous rappelle à lui par de tous petits signes. Les yeux qui se mouillent en entendant la musique, le coeur qui se gonfle de gratitude pour l’amoureux qui a pensé à préparer le souper ou une simple bouffée de joie venue de nul part. Une multitude d’effluves subtiles, souvent trop subtiles pour être entendues lorsque nous sommes continuellement en action. En relâchant notre attention constamment tendue vers un objet, on la ramène au coeur de soi. Et c’est là, dans le calme et le simple fait d’être, que la Vie nous parle. Son langage est fait de douceur, d’amour et de joie. Plus nous nous y attardons et l’écoutons et plus nous nous alignons avec cette fréquence divine que nous sommes, au plus profond de notre être. Nous synthonisons ainsi un poste plus vibrant et soutenant que celui du monde décrit par les nouvelles. On soutient un espace déjà existant à partir duquel on peut créer un moment harmonieux, une vie harmonieuse, une communauté aimante. Simplement en s’arrêtant et en s’ouvrant, nous commençons à créer une réalité différente. Nous laissons alors le divin rayonner à travers nous.
Et ce coeur ouvert à partir duquel on entend l’amour, c’est cela l’origine de la magie de Noël. Dans cet espace il n’y a plus de séparation, il n’y a plus moi et l’autre. C’est le même coeur qui bat en chacun de nous.
Pour cette période des Fêtes, je vous souhaite à tous un coeur dénudé, ouvert et prêt à entendre l’amour qui perce le chaos du monde. Mais surtout, je vous souhaite de voir le trésor précieux que vous êtes. Pour que toute l’année, vous puissiez revenir dans votre être et permettre au Divin de chanter et de s’incarner à travers vous, dans la banalité, la douceur ou les remous du quotidien.





